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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 23:24

Récent article dans la "lettre du musicien":

Évaluation des élèves , quoi de neuf?

 

 

Je m'interroge... Faut-il argumenter? Faut-il défendre ses idées? Est-ce bien utile?

 

Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a plus grand-chose de neuf dans la tête de ce monsieur, et que cela fait un moment qu'il n'a pas mis les pieds dans une école de musique... Ce vieux professeur d'université mal remis de ses études au conservatoire de Paris au sortir de MAi 68 nous a déjà sorti cette soupe indigeste l'an dernier au "congrès des enseignants des écoles de musique de la Sarthe", avec un succès pour le moins mitigé... Poncifs, méconnaissance des enseignants, suspicion, faux procès, confusion injurieuse entre accompagnement au surpassement de soi et compétition malveillante... et tellement imaginaire...

 

Il est encore plus insupportable à lire qu'à entendre...

 

Et la "Lettre du musicien" ferait bien de ne pas oublier qu'elle traine dans toutes les écoles de musique de France et qu'elle ne gagnera pas grande confiance à insulter ainsi ses premiers lecteurs. À moins que, comme son génial intervenant, elle n'ait abandonné le chemin des écoles de terrain et qu'elle reste le cul dans son fauteuil parisien...

 

Quoiqu'il en soit, et en effet il reste le débat de l'évaluation, ce tissus de tartufferies s'appuie sur une  confusion desespérante entre l'évaluation de compétences difficiles à acquérir et le plaisir de partager avec un public qui devrait se vivre dénué de toute notion d'évaluation ( à quand l'évaluation des dessins de la fête des mères). (cf pourquoi défendre...)

 

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 00:49

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Quelques constats.

 

Tout le monde n’aime pas les huîtes.

Tout le monde n’aime pas les gâteaux au chocolat.

Tout le monde n’aime pas le foot. Tout le monde n’aime pas nager.

Tout le monde n’aime pas le ski.

Tout le monde n’aime pas la campagne.

Tout le monde n’aime pas le fromage.

Tout le monde n’aime pas le vin.

Tout le monde n’aime pas le jazz.

Tout le monde n’aime pas la ville.

Tout le monde n’aime pas les jeux video.

Tout le monde n’aime pas danser.

Tout le monde n’aime pas Picasso.

Tout le monde n’aime pas conduire.

Tout le monde n’aime pas les maths

Tout le monde n’aime pas les jeux de carte.

Tout le monde n’aime pas la musique classique.

 

Est-ce que c’est grave ?

 

Un autre constat.

Les arts savants sont difficiles à apprendre pour la majorité d’entre nous.

Les arts savants peuvent être très séduisants à regarder ou à écouter sans pour autant être pratiqués.

Les arts savants sont rarement satisfaisants à pratiquer sans un certain degré de connaissance.

Les arts savants sont très souvent très pénibles à écouter lorsqu’ils sont pratiqués par des gens qui n’en ont pas une connaissance suffisante.

 

Je rêve d’une école de musique ouverte à tous. Ceux qui voudraient y apprendre les musiques savantes seraient tenus d’y investir le temps et l’énergie qu’elles requièrent. Ceux qui voudraient y pratiquer un partage sonore  une fois par semaine comme on se détend en jouant à la balle au prisonnier pourraient y être encadré par des animateurs.

 

Ceux qui souhaiteraient profiter à plein de l’apprentissage des musiques savantes auraient accès à un cours individuel d’instrument, au cours duquel le professeur s’adapte totalement à l’élève, l’écoute, aussi bien dans ce qu’il a à jouer que dans ce qu’il a à dire (ça coûte moins cher qu’un psy), le regarde, sans inquiétude mais pas sans attention, se consacre à lui et lui transmet ce qu’il a de plus cher. Il aurait accès, dans la mesure de la taille des classes, à un cours collectif autour de l’instrument qu’il apprendrait, afin de pouvoir travailler la technique et la musique dans un esprit ludique, à la fois d’émutation et avec la desinhibition qu’induit la collectivité bien gérée. Il aurait accès à un cours de solfège au cours duquel il apprendrait un langage commun qui permet de jouer ensemble. Il aurait accès enfin à un « atelier » de musique d’ensemble au cours duquel il rencontrerait les autres instrumentistes et monterait des projets musicaux donnant un sens immédiat à un apprentissage exigeant.

 

Bien-sûr, les parents qui souhaiteraient que leurs enfants aient accès aux musiques savantes seraient d’accords pour que leurs enfants passent environ 4 heures par semaine à l’école de musique (parce que, bien-sûr, les enfants aussi, seraient d’accord), comme ils seraient attentifs à ce que leurs enfants s’entraînent régulièrement à la maison, comme ils sont souvent attentifs à ce qu’ils fassent en sorte de s’approprier les savoirs scolaires qu’ils croient nécessaire à leur développement intellectuel et cognitif.

 

Bien-sûr, les collectivités seraient d’accord pour investir dans toutes ces facettes de l’apprentissage des musiques savantes.

 

Et ceux qui n’aiment pas les huîtres, ou les ris de veau, ou les tripes, ou les asperges, ou le sashimi, ou les cuisses de grenouilles à la sauce saté, ou le vacherin, ou la crème au beurre, ne seraient pas obligés d’en manger une fois par semaine jusqu’à ce qu’ils aiment ça ou en soient définitivement écoeurés…

 

Et moi, je pourrais continuer d’enseigner ce que j’aime et ce que je sais faire : de la musique savante, un monde illimité, une perfection magiquement inatteignable, une forêts immense pleine de chemins plus ou moins visibles, moi, je pourrais continuer à transmettre mon irrépressible amour de la vie, de l’expression sonore, de l’extraordinaire génie de nos mains, de nos doigts, des mystères insondables de notre cerveau. De temps en temps, il y aurait un élève qui aurait envie d’en vivre aussi. Chaque année, il y aurait un parent qui frémirait d’émotion en écoutant son enfant, et ça ajouterait du sens à notre vie.

 

Mais bon… c’est un rêve.

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 20:41

A quand un concours d'operas sur ce sujet?!

 

Je me suis insurgée l'an dernier contre la tendance actuelle à faire prédominer la pratique sur l'apprentissage. Cela a une application directe dans notre pédagogie: Afin de lutter contre l'indigence des cours magistraux que nous avons supposément subis dans notre malheureuse enfance, nous avons inventé le projépédagogique. Ce gloubiboulga épuisant se dégustait au début comme un dessert, en fin d'année. A présent, il fait partie des 5 fruits et légumes qu'il faut digérer tout au long de l'année. En "région", les écoles sont petites et l'heure est aux regroupements qui permettraient, dans l'idéal, de "mutaliser" les moyens, les effectifs, les idées... et tout... et tout... Résultat: Les projets de classes (pour faire tenir la classe au sein de l'école), les projets d'école (pour faire tenir l'école au sein de la collectivité), les projets inter écoles (pour mutualiser les effectifs et agrandir la taille des ensembles), les projets départementaux (pour la même raison et pour justifier les schémas départementaux). Et entre tous ces projets, quelques moments rares pour apprendre à poser son archet sur quatre cordes, ses quatre doigts sur une touche noire aux emplacements mystérieux...

 

une gageure...

 

Alors Les projets sont ils un objectif, un moyen, une vitrine?

Alors l'apprentissage est-il un objectif, un moyen, un pretexte?

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 14:53

La question qui n'est pas posée est:

L'apprentissage précède-t-il la pratique?

Ce qui entraine pour nous la reflexion suivante: une école publique d'enseignement artistique est-elle... une école ou bien un lieu de pratique?

 

Faisons un détour...

 

Qu'est-ce qui différencie une association d'un organisme public?

 

Dans une association les élèves paient une inscription qui s'approche du prix coûtant, ce qui peut être incitateur, mais permet à certains de consommer sans effort avec bonne conscience.

Dans un organisme public une forte part est prise en charge par la collectivité (les impôts de tous... il serait bon parfois, de le rappeler aux consommateurs), ce qui pourrait autoriser à l'école une certaine exigence d'investissement de la part des élèves et de leurs parents, mais qui permet là aussi, paradoxalement, une utilisation passive et assez veule du service public: "c'est public, j'y ai droit"

 

Dans une association, un professeur qui ne parvient pas à "séduire" les élèves d'une manière ou d'une autre  voit sa classe péricliter et disparaître.

Dans un organisme public, le phénomène est tempéré par l'organisation des cours (les élèves en surplus dans une classe sont redirigés vers les autres classes, avec ou sans succès), les professeurs ayant des contrats, voire, étant titulaires, sont -en partie- protégés par leur statut.

 

Une association se construisait autour de ses pratiques collectives seules à rapporter, seules à fédérer (chorales, orchestres, fanfares, harmonies...) et autour de ses spectacles, pour les mêmes raisons, et ces spectacles s'inscrivaient de fait dans le vie locale.

Une école se construisait depuis assez longtemps autour de ses enseignements techniques et tente de fédérer et de développer sa visibilité dans des pratiques collectives qu'elle est souvent obligée de rendre obligatoire "par cohérence pédagogique" et des prestations plus ou moins intégrées dans la vie locale, multipliées par le nombre de cours et donc de nécessités pédagogiques.

 

Et surtout, fondamentalement, une association ne vivait que par la volonté de ses adhérents, tandis qu'une école publique est entièrement soutenue par l'invisible collectivité.

Nous nous sommes tellement bien habitués à voire tenir debout ces organismes improbables par l'opération du Saint-Esprit (c'est à dire de la Sainte Collectivité) que nous ne pouvons plus supporter l'engagement collectif réel qu'impose une association, et nombreuses sont les mini équipes épuisées de tenir leurs associations à bout de bras sans jamais arriver à se renouveler...

 

Je reviens à la question de départ: l'apprentissage précède-t-il la pratique? Une école de musique publique est-elle un lieu d'enseignement initial, ou un lieu de pratique artistique. La pratique autonome des arts impose un engagement personnel qui, tout en lui étant parallèle et complémentaire, n'est pas le même que celui de l'apprentissage. Cette pratique requiert une liberté de volonté et d'action qui ne sont pas toujours compatibles avec la disponibilité qu'impose l'apprentissage,. Qu'on me comprenne bien, je ne dis pas que l'apprentissage suppose la passivité, car je suis persuadée que la passivité est le premier ennemi de l'apprentissage.

Mais une école publique ne peut pas reposer sur la liberté de ses membres, professeurs et élèves. La pratique artistique qui y prolonge l'enseignement est une pratique forcément guidée, plus ou moins sous contrôle, organisée en cohérence pédagogique. Tout le contraire d'une création autonome et libre.

 

L'enseignement technique ne peut pas être le fait d'amateurs, mais la pratique amateure ne doit pas être confisquée par les professionnels... C'est la quadrature du cercle...

 

Ma conviction est qu'un enseignement efficace doit donner les moyens et l'envie d'y échapper!

 

Que l'on appuie les enseignements sur des pratiques collectives et des prestations diverses, rien de plus évident et nécessaire, mais une pratique artistique personnelle ne peut pas se satisfaire du carcan de l'école. C'est pourquoi je crois, au fond, que le lieu d'enseignement ne peut et ne doit pas être identifié à un lieu de pratique mais doit en susciter et promouvoir la création indépendante.

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 11:17

Chaque "réunion de projet" provoque chez moi un grand désarroi... Elle est l'occasion de constater toujours la langue de bois que nous sommes obligés de pratiquer... Dieu sait pourtant combien j'aime enseigner, combien les gens, les enfants leurs parents, les "adultes" - ces élèves si particuliers- les collègues m'intéressent. Dieu (encore lui!) m'est témoin qu'essayant (sans toujours de succès, je l'admets volontiers) de contenir mon caractère bruyant, mes emportements, mes réactions à l'emporte pièce, de forcer mes obstinations, j'ai la volonté ancrée de respecter les idées, les pratiques, les impératifs, les goûts de chacun.

 

Mais qu'est-ce qui peut rendre supportable, à la longue, cette hypocrisie bienveillante et opportuniste qui nous fait taire la réalité incontournable:

La pratique de la musique classique n'est pas toujours une source de plaisir ni de bonheur: elle est aussi un puissant producteur de frustrations indépassables avec lesquelles chacun apprend à vivre pour pouvoir profiter des bonheurs que nous apportent la connaissance, la possibilité d'exprimer parfois l'inexprimable (ah... l'ineffable de Iankélévitch).

 

Lorsqu'avant les années 90, jeune prof peu diplômée (mais en cours d'arrosage), je suis arrivée "sur le marché" florissant de la consommation culturelle, j'ai remplacé dans des associations municipalisées ou dans des écoles en régénération de vieux profs passionnés, qui laissaient derrière eux des élèves et des parents éplorés, convertis à la religion musicale, et la plupart du temps totalement irrecupérables téchniquement. C'était le temps des "dents longues", durant lequel on a opposé la médiocrité supposée d'un tissus associatif créé puis entretenu par la passion et la nécessité culturelle, à l'excellence d'un enseignement professionnalisé en cours d'organisation planifiée. C'est à vrai dire un peu ce qui se passe chez nous actuellement... Les associations digérées au sein des nouvelles écoles, ou dissoutes par leur proximité, on s'est rendu compte que ce magnifique enseignement, tout flamboyant de ses techniques pédagogiques d'avant garde, rutilant de professeurs formés et techniquement impeccables, fabriquait d'un côté d'excellents professionnels et de l'autre des amateurs incapables d'autonomie, n'allant pas plus au concert, des consommateurs passifs d'activités culturelles zappées, et que les enfants n'y trouvaient pas leur compte de plaisir, ni les parents le leur de partage... Et on a dit aux professeurs nouvellement cadrés dans leur spécialité "il faut ANIMER". Et nous voilà devant le maître mot: faisons des "projetpédagogiques".

 

La question que je me pose: Est-ce qu'on répond à la frustration par la satisfaction? Je veux dire, est-ce que la satisfaction soulage définitivement la frustration? Bien sûr que non, sinon nous n'aurions pas tous ces problèmes d'éducation que nous rencontrons avec nos enfants, constamment repus d'informations - et ils ne s'avent comment les utiliser- de connaissances - et ils ne savent qu'en faire- de satisfactions visuelles et auditives, de jeux de jouets et d'activités - et ils en demandent toujours plus...

 

Seul le désir fait vivre, seul le désir fait supporter la frustration. Le désir s'appuie sur des souvenirs fugaces et pourtant cuisants. Nos écoles débordantes de projets nous épuisent, nous avons des indigestions de projets, nos élèves sont obèses de projets dont ils subissent, agités la répétition inéxorable tout au long de l'année.

 

J'essaie d'y croire... Force est de constater que j'ai du mal!

Je me souviens des orchestres Loewenguth... Une fois par mois, le dimanche matin, au diable vauvert... Une grande messe annuelle en juin, à la salle Pleyel ou Rossini, dix orchestres de stroumpfs bleu clairs ou bleu marine et blanc selon l'âge, une excitation ingérable dans les loges, pourtant gérée par les "dames d'orchestre" comme des "dames cathé", des mamans bénévoles, des profs non moins bénévoles qui nous accordaient à la va vite avant d'entrer sur scène en petit troupeau frémissant... Une année à se faire tour à tour chahuter et féliciter, à mourir de rire devant les facécies du vieux Monsieur (il devait avoir juste un peu plus de mon âge, le vieux monsieur!) qui remontait comme un auguste son pantalon beige vingt fois au cours d'une répétition d'une heure, ou à mourir de honte parce qu'on n'avait pas travaillé la partie de troisième violon et qu'on était complètement à la ramasse... Une tournée en France ou en Europe (pour moi l'Allemagne, la Suède) tous les deux ou trois ans. Pendant 13 ans. Et puis il est mort. Les orchestre ont continué, mais j'étais grande et je suis passée de l'autre côté... Des souvenirs fugaces et cuisants, inaltérables, irrésistibles.

 

Je n'ai pas de solution...

 

 

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 00:22

 

Les écoles de musiques ont vocation à donner à ceux qui le souhaitent un enseignement de qualité qui permettra à chacun de mener la vie musicale à laquelle il aspire (pratique amateure ou professionnelle, individuelle ou collective, ancienne ou actuelle, écrite ou improvisatrice, acoustique ou amplifiée…) au niveau auquel il peut prétendre.

 

À cette fin, il importe que cet enseignement soit motivant pour les élèves et pour les parents et ce au travers de projets collectifs de qualité et grâce à l’exemplarité des plus anciens pour les plus jeunes. Une certaine exigence de qualité individuelle est le premier pas (certes pas unique) vers la réussite des projets collectifs, eux-mêmes mobilisateurs pour les plus grands, fortement sollicités dans leur vie scolaire et extra-scolaire.

 

Un contrôle formel annuel vise autant à évaluer les acquisitions techniques et musicales qu’à repousser les limites de l’investissement de travail et des prises de risque de chaque élève.

-       investissement de temps : le morceau, plus long qu’à l’accoutumée (mais seul au programme de la semaine), et travaillé dans un temps donné (6 à 7 cours), demande de se donner à fond, un peu comme en sport…

-       investissement technique : Les difficultés doivent être pour la plupart dépassées avec souplesse et technique correcte, et pour les autres, contournées sans que leur réalisation n’entrave le déroulement de la prestation. Souvent, il apparaît que cette obligation est un moteur bien mieux accepté que tous les conseils raisonnables de l’année pour dépasser une difficulté demandant un effort particulier…

 

Le temps d’une audition est un temps de partage, d’émotion, de don de soi, d’amour, devrait-on dire, durant lequel il ne saurait être question d’évaluation, c’est à dire, rappelons-le, de questionnement sur la valeur de ce qu’on fait.

Tandis qu’un contrôle peut mettre entre l’évalué et sa psyché, la distance nécessaire à l’acceptation de cette évaluation : l’exigence de la réalisation technique. L’évaluateur, s’il est bienveillant et juste, et professeur, par son accompagnement bienveillant et rigoureux doivent être les garants de l’acceptation et de la compréhension du canditat face à son résultat.

 

C’est aussi un moment de rencontre entre des élèves musiciens pratiquant le même instrument, affrontant les mêmes difficultés, cela permet aux enfants de se situer dans un déroulement temporel d’apprentissage (j’ai joué ceci avant, je jouerai cela bientôt) de se construire une histoire, de s’appuyer sur un futur. C’est pour eux un partage de l’épreuve, au sens noble, au sens d’initiation, lorsque l’audition, le spectacle, est un partage du plaisir.

 

Dans la mesure où le contrôle ne doit pas intervenir dans le déroulement du cycle (pas de redoublement) et constitue un moment d’évaluation propre au parcours de chaque élève (et non pas une quelconque comparaison), les morceaux sont choisis en fonction des possibilités de chacun et ne sont donc pas forcément communs. Le jury ne donne qu’une appréciation dont l’amplitude est adaptée aux niveaux (B et TB la première année, AB, B, TB, la deuxième année, Ins ajouté à la 3e année afin de préparer à l’exigence du passage de cycle).

Le passage de cycle étant organisé pour plusieurs écoles et non dans chaque établissement afin d’unifier au maximum l’offre proposée aux habitants d’un même territoire, il revêt automatiquement un caractère formel et plonge les élèves dans l’inconnu, ne serait-ce que du lieu, la plupart du temps. Le contrôle annuel permet de préparer chacun d’eux à ce passage. Il devrait établir un lien de confiance avec le professeur et contribuer à la connaissance personnelle que chaque élève doit avoir de lui-même.

 

Le jury, extérieur dans le meilleur des cas, mais de toutre façon préparé au fonctionnement de l’école, apporte un regard neuf, à la fois objectif et critique. Il transmet à l’élève un autre discours qui peut l’éclairer, ou renforce la légitimité du discours du professeur.

 

Il apporte au professeur un regard synthétique, parfois des idées pour répondre à des problèmes spécifiques. Bien mené le terrible examen est un moment d’échange entre les professeurs, le jury, la direction.

 

C’est par ailleurs une responsabilité très importante pour les personnes du jury, un temps très enrichissant, tant il est vrai qu’évaluer toute la classe d’un autre professeur demande une attention, un intérêt, une ouverture qui ne laissent pas indifférent et transforme le regard qu’on porte soi-même sur sa propre classe par la suite. Outre la valeur pédagogique pour les élèves, le contrôle est une véritable formation continue pour les enseignants.

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 22:46

Je suis violoniste. J'enseigne, je vous le donne en mille, le violon. Sa technique, son répertoire. Je suis violoniste classique, comme d'autres sont pianistes de jazz. Je pratique, j'aime, je connais, j'enseigne le violon classique. De Corelli à Messiaen. Avec des incursions avant et après.

 

J'aime les enfants. J'aimes les adultes. J'aime les élèves. J'aime le public. En fait, j'aime les gens...

 

J'aime leur apporter mon savoir, j'aime répondre à leurs questions. J'aime répondre à leurs attentes et j'aime détourner leurs attentes. J'aime les révéler, j'aime les emmener, j'aime les refléter...

 

Je n'aime pas m'imposer, mais je sais que quelque fois, je rate. J'espère que ce n'est pas trop souvent...

 

J'aime faire des projets avec les gens pour lesquels j'ai des affinités intellectuelles ou affectives. J'aime "jouer" à faire un projet comme on joue en quatuor ou comme on joue un opéra. à la fin du projet (car il y a une fin à un projet!) les gens, les participants, le public, sont contents: ils ont vécu quelque chose. À un tout petit quelque chose près, ils ne sont pas les mêmes après qu'avant. Ils n'ont plus tout à fait la même histoire.

 

Je déteste les grandes idées, les grands gros mots pour parler des grandes idées à la mode. Je deteste les dynamiques et les problématiques, les expérimentations et les évaluations, les dispositifs et les questionnements collectifs. Je deteste le jeu auquel on essaye de nous faire jouer dans les écoles ces derniers temps.

 

J'avais un métier de rêve. Je crois qu'on va bientôt réussir à m'en dégoûter. ça doit être un truc pour faire apprécier la retraite: vous dégoûter de votre métier. Peut-être ça s'appelle l'âge...

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 23:35

Le soutien scolaire a la faveur des autorités du moment. Quelle est la dose du politiquement correct dans cette affaire? Qui oserait se plaindre de l'interêt apparement porté à ceux qu'on appelle dorénavant les "élèves-en-difficulté"?

La dernière idée, qui essaie de faire tâche d'huile en Sarthe, c'est de prendre trois quarts d'heure sur chaque jour et de les réunir le mercredi matin pour une matinée supplémentaire en primaire. Les "pas en difficulté" sortiraient à 15h45, les "en-difficulté" seraient soutenus par du personnel communal après cette heure.

Nul ne semble s'inquiéter de ce que la plupart des parents des "pas en difficulté" n'ayant pas le loisir de changer leurs horaires de travail,  ces enfants resteront à l'école tout aussi longtemps qu'en terminant les cours à  16h30, ce qui fait qu'ils passeront donc trois heures de plus à l'école, donc trois heures de moins à la maison.

Pour les enseignements artistiques et sportifs tels qu'ils sont donnés en France, c'est à dire de manière extra-scolaire, c'est une catastrophe. Le mercredi matin en moins sans horaire en plus dans la semaine, cela va rendre impossible l'organisation de ces enseignements. Les enfants auront moins de temps pour s'entraîner et nous savons combien leur "entraînement" est déjà minimaliste!

Mais le plus grave, c'est qu'on sait, de manière scientifiquement prouvée, historiquement et sociologiquement relatée, que les pratiques artistiques et sportives régulières et exigeantes contribuent de manière exponentielle non seulement à l'épanouissement des enfants, mais à leur réussite scolaire et sociale. Quand cessera-t-on d'opposer les apprentissages soit-disant fondamentaux aux apprentissages artistiques et sportifs? On voit fleurir partout sur les panneaux de bus, de tram et de metro ces affiches ridicules pour une grande boîte de soutien scolaire, qui met en scène, par exemple, un garçon qui joue de la guitare électrique, avec cette légende "et s'il était aussi doué en math?". Et alors!?

Seuls continueront à pouvoir profiter de ces enseignements extra-scolaires les plus doués (les "sans difficultés" qui sortiront plus tôt, les enfants dont le travail est efficace en tout), les plus aidés (nounou,
parent ou grand-parent présents venant les chercher à l'école). Les autres n'auront plus que l'école comme horizon.

Empêcher les moins favorisés d'accéder à la culture en les forçant à rester plus de temps à l'école, il fallait y penser...

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