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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 23:18

Affiche concert allonnes

 

Il arrive enfin, ce concert dont nous avions donné des extraits en "Prim'Heures" en juin dernier...

 

Tranquillement, nous nous sommes retrouvées dans la salle 4, au fond du couloir de notre école d'Allonnes, un bon nombre de jeudis avant mes cours. J'arrivais en retard, comme je sais très bien faire, et nous étions coupées dans notre élan hebdomadaire à l'arrivée du professeur de violoncelle que nous privions de son quart d'heure salutaire d'installation (elle arrivait comme un sherpa, chargée de violoncelles pour bébés, d'instrumentarium pour éveil et de partitions dans un... caddie - n'allez pas croire que la vie de professeur de violoncelle est de tout repos!).

 

Bref, nous avons très tranquillement pris nos marques et lorsque nous nous sommes retrouvées à la rentrée avec la perspective du concert mi-octobre, tout soudain, je suis arrivée moins en retard, et nous avons doublé les rations! D'autant que pour montrer à mes élèves altistes la belle voix de leur instrument - ils ont intérêt à venir!- je me suis collé un petit challenge: après la pièce de Bruch que j'ai jouée à Taussat avec l'ensemble de Bercé en juillet dernier, je m'attaque aux "Märchenbilder" de Schumann en apéritif...

Que mes collègues altistes me pardonnent, je ne sais même pas comment j'ai pu me passer si longtemps de leur voler leur instrument... ça c'est de la vibration! Nous ne jouerons que la première et la dernière des quatre pièces.

 

Nous avons d'abord travaillé "sans modèle", quoique Marion ai joué la première des pièces aux temps de ses chères études. J'aime aborder une oeuvre par ce qu'elle évoque des autres oeuvres de l'auteur -et de l'époque, avant de savoir "ce qui se fait"... La première pièce nous semblait très "il était une fois", et la dernière fait irresistiblement penser à une berceuse. J'ai aimé trouver tous ces plans de coupe si spécifiques de Schumann, ces élans, ces échappées, ces retournements, ces revers... Puis j'ai cédé à la curiosité, au vil besoin de savoir le fameux "ce qui se fait", par peur malgré tout d'être à côté... Après tout, ça n'était pas mon répertoire... et je suis allée sur You tube pas de pub s'il vous plaît!

et j'ai trouvé mon bonheur là: http://www.youtube.com/watch?v=8ofF7-RZeYs . Marion trouve que c'est un peu vite, et un peu agité... Moi, je crois que je trouve ça parfait... Mais nous sommes deux dans une sonate, et la partie de piano n'est pas juste un petit tapis pour faire joli, loin s'en faut, donc je ne l'ai pas réécouté, afin de rester au plus près de ce que nous avons travaillé, qui va, à ma grande joie dans le même sens, mais en effet, en moins... débridé...

 

Je joue ces sonates de Bach avec un bonheur jamais démenti. J'y entre chaque fois comme dans un jardin parfaitement connu et pourtant sans cesse renouvelé. Jouer cette musique est à la fois rassurant et surprenant, apaisant et roboratif, transcendant et complètement charnel... Dans le 3e mouvement, j'ai l'impression de jouer ce qu'il y aurait dans la tête de quelqu'un qui n'arriverait pas à départager son désir d'entendre un choeur immobile et une partita jouée par Edwin Fisher...

 

Quand je travaille Brahms, chaque instant me rappelle le professeur disparu avec lequel j'ai travaillé cette sonate il y a plus de 20 ans, Jean-Pierre Sabouret (2e violon du quatuor Via Nova). J'ai changé avec regrets des doigtés qu'il avait notés mais qu'il était seul à pouvoir faire sonner... Je me suis acharnée en vain... Je ne peux tout simplement pas jouer une note de ces sonates sans penser à lui, sans me rappeler son exigence avec lui-même et sa bienveillance envers moi... Sans voir vibrer sa main gauche, sans voir sa main droite, toute en rondeur, ce couple bras haut/poignet souple et ferme qui maîtrisait tout...

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Published by Le quatuor de Bercé - dans annonces
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