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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 00:22

 

Les écoles de musiques ont vocation à donner à ceux qui le souhaitent un enseignement de qualité qui permettra à chacun de mener la vie musicale à laquelle il aspire (pratique amateure ou professionnelle, individuelle ou collective, ancienne ou actuelle, écrite ou improvisatrice, acoustique ou amplifiée…) au niveau auquel il peut prétendre.

 

À cette fin, il importe que cet enseignement soit motivant pour les élèves et pour les parents et ce au travers de projets collectifs de qualité et grâce à l’exemplarité des plus anciens pour les plus jeunes. Une certaine exigence de qualité individuelle est le premier pas (certes pas unique) vers la réussite des projets collectifs, eux-mêmes mobilisateurs pour les plus grands, fortement sollicités dans leur vie scolaire et extra-scolaire.

 

Un contrôle formel annuel vise autant à évaluer les acquisitions techniques et musicales qu’à repousser les limites de l’investissement de travail et des prises de risque de chaque élève.

-       investissement de temps : le morceau, plus long qu’à l’accoutumée (mais seul au programme de la semaine), et travaillé dans un temps donné (6 à 7 cours), demande de se donner à fond, un peu comme en sport…

-       investissement technique : Les difficultés doivent être pour la plupart dépassées avec souplesse et technique correcte, et pour les autres, contournées sans que leur réalisation n’entrave le déroulement de la prestation. Souvent, il apparaît que cette obligation est un moteur bien mieux accepté que tous les conseils raisonnables de l’année pour dépasser une difficulté demandant un effort particulier…

 

Le temps d’une audition est un temps de partage, d’émotion, de don de soi, d’amour, devrait-on dire, durant lequel il ne saurait être question d’évaluation, c’est à dire, rappelons-le, de questionnement sur la valeur de ce qu’on fait.

Tandis qu’un contrôle peut mettre entre l’évalué et sa psyché, la distance nécessaire à l’acceptation de cette évaluation : l’exigence de la réalisation technique. L’évaluateur, s’il est bienveillant et juste, et professeur, par son accompagnement bienveillant et rigoureux doivent être les garants de l’acceptation et de la compréhension du canditat face à son résultat.

 

C’est aussi un moment de rencontre entre des élèves musiciens pratiquant le même instrument, affrontant les mêmes difficultés, cela permet aux enfants de se situer dans un déroulement temporel d’apprentissage (j’ai joué ceci avant, je jouerai cela bientôt) de se construire une histoire, de s’appuyer sur un futur. C’est pour eux un partage de l’épreuve, au sens noble, au sens d’initiation, lorsque l’audition, le spectacle, est un partage du plaisir.

 

Dans la mesure où le contrôle ne doit pas intervenir dans le déroulement du cycle (pas de redoublement) et constitue un moment d’évaluation propre au parcours de chaque élève (et non pas une quelconque comparaison), les morceaux sont choisis en fonction des possibilités de chacun et ne sont donc pas forcément communs. Le jury ne donne qu’une appréciation dont l’amplitude est adaptée aux niveaux (B et TB la première année, AB, B, TB, la deuxième année, Ins ajouté à la 3e année afin de préparer à l’exigence du passage de cycle).

Le passage de cycle étant organisé pour plusieurs écoles et non dans chaque établissement afin d’unifier au maximum l’offre proposée aux habitants d’un même territoire, il revêt automatiquement un caractère formel et plonge les élèves dans l’inconnu, ne serait-ce que du lieu, la plupart du temps. Le contrôle annuel permet de préparer chacun d’eux à ce passage. Il devrait établir un lien de confiance avec le professeur et contribuer à la connaissance personnelle que chaque élève doit avoir de lui-même.

 

Le jury, extérieur dans le meilleur des cas, mais de toutre façon préparé au fonctionnement de l’école, apporte un regard neuf, à la fois objectif et critique. Il transmet à l’élève un autre discours qui peut l’éclairer, ou renforce la légitimité du discours du professeur.

 

Il apporte au professeur un regard synthétique, parfois des idées pour répondre à des problèmes spécifiques. Bien mené le terrible examen est un moment d’échange entre les professeurs, le jury, la direction.

 

C’est par ailleurs une responsabilité très importante pour les personnes du jury, un temps très enrichissant, tant il est vrai qu’évaluer toute la classe d’un autre professeur demande une attention, un intérêt, une ouverture qui ne laissent pas indifférent et transforme le regard qu’on porte soi-même sur sa propre classe par la suite. Outre la valeur pédagogique pour les élèves, le contrôle est une véritable formation continue pour les enseignants.

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Published by Le quatuor de Bercé - dans Enseignement
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