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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 23:32

Christ de Ruillé

 

Quasi pleine, la chapelle de la Grande Prévoyance... Sur le côté de la nef, me faisant face du fait de ma position de 1er violon, une quarantaine de religieuses retraitées, qui ont vu toutes les souffrances, travaillé toute leur vie à donner de l'espoir... Une quarantaine de religieuses pour lesquelles chacune des 7 denières paroles a un sens existentiel, une quarantaine de religieuses qui vivent et revivent chaque année la crucifixion et la resurrection du Christ comme si elles y avaient assisté...

Catherine

 

 

Et nous, plongées dans ce bain de foi, essayant de traduire en musique ce que l'humaine réalité de cette situation toujours tragiquement d'actualité nous évoque, avec ou sans foi: Un bonhomme révolté contre l'injustice, l'égoïsme, la méchanceté, la bêtise, le pouvoir de l'argent, Catherine et Sarahles intégrismes et les censures de tous poils, pendu à son bois entre deux malfaiteurs, luttant jusqu'à la fin contre le doute, pour garder intacts son amour et sa bonté.

 

Quelque chose s'est passé.

 

Nous étions prêtes. je suis émerveillée par la qualité de notre concentration, par la présence de chacune à son poste, si l'on peut dire, par la réceptivité active qui nous a unies.

 

Le lendemain, nous jouions à Saint Aldric, sous le regard souffrant d'un autre Christ.

Christ de St Aldric

 

Yvane et Geneviève

 

 

Saint Aldric, rue des victimes du nazisme... Construite après la guerre...

 

Malgré tout, le concert de la veille avait été tellement fort qu'il nous était terriblement difficile, au raccord, de nous reconcentrer, et c'est avec une certaine appréhension que nous avons commencé le concert.

 

7-paroles-2011-5013.jpgDominique a lu avec une telle conviction, une telle présence, que, parole après parole, nous sommes rentrées en "quatuor" et avons réussi de nouveau à nous réunir.

 


 

IYvane

Nous dédiions ce nouveau concert au Japon, à ses morts, à ses survivants et à ses sauveteurs  et avons recueilli une recette substantielle au profit de la Croix-Rouge.

 

À la fin du concert, le père Cotten, curé de la paroisse de Saint Aldric, me fit la remarque qu'une paix, une sorte de bienveillance émanait de cette musique dont le sujet nous paraît rien moins que paisible... C'était un peu la preuve de la réussite de notre interprétation, et je songeai à la "découverte" dont j'ai parlé dans un article précédent, au sujet de la proximité qui m'apparaît entre la 6e parole et le duo de la "Création" que le compositeur termina en 1798, 13 ans après les "Paroles".

 

Pour ma part, je ne suis pas sûre de pouvoir jouer cette oeuvre chaque année, et sûrement  pas plus de deux fois d'affilée...

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Published by Le quatuor de Bercé - dans La vie du quatuor
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