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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 20:37
    In "Guide de la musique de Chambre", chez Fayard, il est dit des quatuors milanais de 1773 que "ce sont là des oeuvres typiquement galantes , dans le style de l'opera italien (...)". Je trouve ça particulièrement vrai dans le premier mouvement... et je trouve ça particulièrement délicat à rendre...

    C'est un andante à 2/2, quelque chose "d'allant-mais-pas-trop", distingué mais pas pompeux, raffiné mais pas mièvre... Tout ce qu'il y a de plus difficile à rendre chez Mozart.

Il est d'une forme sonate aux thèmes bien contrastés.

Le premier thème, balancé, est énoncé par le second violon. Le premier violon n'entre qu'à la huitième mesure, en tranchant dans le vif un essai de conclusion de la phrase, un peu comme s'il avait oublié de partir... Il redit le thème et lui donne une conclusion. Ce thème ne "fonctionne" que bien pensé à la blanche, mais comme il est très chantourné - ornements en "doubles croches pointées-triples", appoggiatures - il est terriblement difficile de ne pas s'appuyer sur les noires... Les phrases, en carrure de 2 à 4 mesures sont constituées elles même de courtes cellules répétées, ce qui ajoute à la difficulté pour rendre une ligne et une direction.

Le deuxième thème est annonciateur des ensembles vocaux dont Mozart sera friand dans ses opéras. Comme dans tout le quatuor, on est loin de l'écriture "soliste accompagné par des batteries de croches avec ponctuation de basse... Les instruments conversent, font équipe par deux, s'entrecroisent...


    Justement, la deuxième partie démarre avec le développement d'un petit motif cadentiel situé à la fin du pont entre les deux thèmes,



que les instruments, violons d'un côté, alto et violoncelle de l'autre, semblent s'amuser à se renvoyer trois fois en faisant des montagnes russes d'un goût difficile à relever.


Le développement proprement dit consiste au renversement des éléments qui constituaient le deuxième thème et le pont entre le premier et le deuxième thème. Réexposition, et voilà notre Andante emballé en 71 mesures...


Mozart gardera jusqu'à la fin de sa vie ce goût pour les "andante" à la fois mouvants, suspendus et élégants.On en a un exemple particulièrement délicat d'interprétation dans sa dernière symphonie (n°41, "Jupiter") écrite en 1788.

La suite au prochain article

C.P

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Published by Le quatuor de Bercé - dans commentaires d'oeuvres
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